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Orchidées et mycorhize,
une question de survie

août 2019 | par Stéphanie Lamy

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Les graines des orchidées sont dépourvues de réserves et doivent s’associer à un champignon mycorhizien pour germer. Les plantes ne peuvent pas vivre sans mycorhize.

L’endomycorhize des orchidées est l’une des formes les plus anecdotiques de mycorhize et différente de celle dont nous vous parlons habituellement sur Top Pouss. La mycorhize orchidoïde est spécifique à cette famille de plantes. Cependant, en milieu naturel, elle est primordiale à la survie de ces dernières, et ce dès le stade le plus précoce de leur développement.

Certaines associations mycorhiziennes impliquent des mécanismes très spécifiques. Dans le cas des orchidées, la mycorhize intervient dès le stade embryonnaire de la plante. C’est alors au niveau cellulaire plutôt que racinaire que se déroule cette mycorhize si particulière.

Particulière, mais alors pourquoi ?

Les graines d’orchidées sont dépourvues de réserves nutritives. Ce sont des « graines poussières » qui ne contiennent qu’un tout petit embryon de quelques centièmes de millimètre. Pour germer et former ses racines, la graine doit alors s’associer avec un champignon mycorhizien qui lui procure les éléments nutritifs dont elle a besoin pour son développement.

L’embryon donnera alors naissance à une masse de cellules appelée protocorme qui formera ensuite la plantule. Les filaments du champignon infiltrent les cellules de la plante pour former une masse compacte appelée peloton. C’est dans ce peloton que vont se réaliser les échanges.

La plupart des champignons impliqués appartiennent au genre Rhizoctonia. Saviez-vous que le plus connu, le Rhizoctone brun, est également responsable de la pourriture de la pomme de terre, de la salade ou encore de la carotte ? Cependant, la diversité de ces champignons est grande, tout autant que celle des espèces d’orchidées. Si la symbiose mycorhizienne peut être harmonieuse et durable, l’association peut également entraîner la mort du protocorme ou bien l’élimination du champignon par la plante.

La découverte de la mycorhize orchidoïde n’est pas nouvelle puisqu’elle a été démontrée par le naturaliste et botaniste français Noël Bernard au début du XXème siècle. Cependant, la mycorhize et l’étendue de sa complexité ont encore de bien des secrets à nous révéler.

Il y a orchidée… et orchidée

Les orchidées sont présentes sur tous les continents de la planète Terre. C’est une famille de plantes qui compte plus de 25 000 espèces la classant parmi les familles botaniques les plus vastes du règne végétal. Les orchidées que vous trouvez dans le commerce proviennent généralement de régions au climat tropical. Mais savez-vous que notre flore nationale recense plus de 150 espèces sauvages, des Alpes aux portes de Paris. Autant vous dire qu’elles sont protégées !

Pssst conseil de l’Amie mycorhize
Chaque orchidée a ses propres besoins dictés par son milieu d’origine. Avant de céder à la tentation, renseignez-vous sur ses habitudes. Certaines vivent naturellement sur l’écorce des arbres et auront besoin de très peu de substrat. D’autres, dites terrestres, seront à installer dans un pot. Dans tous les cas, choisissez un substrat spécialement dosé pour ces plantes, très léger et très poreux, composé d’écorces de pin, de tourbe blonde et de chips de coco.

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