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La rhizosphère

juillet 2020 | par Thomas Larmet

Graphique de la rhizosphère d'une plante.

Les racines sont le lieu de relations aussi variées que complexes avec les micro-organismes du sol : bactéries, champignons et autres invertébrés. Un réseau de communication et d’échanges nécessaire à la nutrition et à la protection de la plante. Et c’est ainsi que bien enracinée, cette dernière ne subit plus son environnement mais le pilote et l’influe, comme le chef d’orchestre de la vie qui s’y déroule. Bienvenu dans la rhizosphère !

Les racines ont plus d’un rôle à jouer. Elles permettent aux plantes de s’ancrer dans le sol et assurent leur alimentation en eau et éléments nutritifs. Jusque là, on ne vous apprend probablement rien. Mais saviez-vous qu’à leur niveau se joue une cohabitation des plus primordiales dont elles sont les initiatrices ? On parle alors de rhizosphère, la région du sol directement formée et influencée par les racines et les micro-organismes associés (microbiote des plantes).  « Rhizo » vient du grec rhiza signifiant racine, et « sphère » du latin sphaera tel un champ d’influence. Trois acteurs y entrent ainsi en relation : les racines, le sol et les organismes qui y vivent. Bien que souvent réduite à une dizaine de centimètres d’épaisseur, la rhizosphère est pourtant le lieu privilégié d’échanges intenses, au point d’en modifier les propriétés physiques et chimiques du sol. 

Un haut lieu de la vie du sol

Si les racines permettent à la plante d’absorber l’eau et les nutriments nécessaires à sa croissance, elles sont également un émonctoire, c’est-à-dire un organe d’élimination des déchets organiques (rhizodéposition). Par leur biais, jusqu’à 30 % des composés synthétisés par la plante y sont rejetés dans le sol. Ces composés stimulent alors le développement de certains organismes vivants autour des racines. 

C’est ainsi que la composition de la rhizosphère est en partie déterminée par la racine elle-même. C’est elle qui organise tout ce petit monde, modifiant les propriétés physico-chimiques de son environnement proche par absorption et élimination, et orientant ainsi en quantité et en qualité la vie qui s’y déroule. L’objectif ? Obtenir un écosystème favorable à sa nutrition et à sa protection. Les excrétions, ou exsudats racinaires, stimulent le développement des micro-organismes qui stimulent en retour l’activité racinaire. 

Les micro-organismes de la rhizosphère sont quant à eux impliqués dans divers mécanismes comme la décomposition de la matière organique assimilable par la plante, mais aussi la protection de cette dernière contre certains agents pathogènes.  C’est ici également que se forment de nombreuses associations symbiotiques, notamment les mycorhizes entre champignons et racines, ou encore les symbioses avec certaines bactéries fixatrices d’azote atmosphérique (notamment chez les légumineuses).


Le terme de rhizosphère est apparu au tout début du XXème siècle.
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